Remettons les points sur les « i » : la
programmation neurolinguistique est une méthode pour mieux
communiquer avec l’autre. Avec la PNL, on apprend
à se connaître soi-même, se programmer
positivement, écouter son interlocuteur, le comprendre et
s’adapter à lui pour créer une relation
constructive. C’est une technique de
développement personnel qui est aussi très utile
aux commerciaux face à leurs clients. Elle
s’apprend par la pratique, le plus souvent lors de stages de
deux ou trois jours organisés par des centres de formation
professionnelle.
Mais attention à ne pas utiliser la PNL comme des recettes
de cuisine : « Les individus ne peuvent pas être
classés en catégories figées. La PNL
fournit des outils pour influer positivement sur la relation et
être plus efficace mais ne remplace pas l’individu
et ses qualités d’intuition et
d’appréciation », souligne Diane
Massonie, formatrice PNL à la Cegos.
Le principe fondamental de la PNL, c’est le cadre de
référence : chaque personne développe
sa propre représentation de la réalité
en fonction de son éducation, ses expériences,
son milieu socioculturel. La première étape est
donc d’être conscient de son cadre de
référence personnel pour pouvoir en sortir.
Ainsi, dégagé de ses a priori, on est bien plus
en mesure de comprendre l’autre et de s’adapter
à lui.
La préparation du rendez-vous client
La PNL sert à se programmer positivement pour mobiliser
toutes ses ressources. Quand on pressent un entretien professionnel
difficile, il est préférable de se mettre en
position de réussite. Voici trois moyens d’y
parvenir.
La rupture du cercle vicieux
Cette méthode vise à changer un état
« limitant » (anxiété,
nervosité) en un état d’esprit positif.
Si un commercial est angoissé, son comportement va traduire
cet état. Et un cercle vicieux s’enclenche : le
rendez-vous avec le client a de grandes chances de mal se
dérouler et cela confirme la « croyance
» du commercial qui se dit qu’il avait raison
d’être anxieux. En revanche, adopter une attitude
positive en étant persuadé que le rendez-vous va
bien se dérouler lui permet d’optimiser son
comportement.
L’ancrage
Une technique pour gérer son stress et remobiliser une
énergie positive. Il s’agit d’associer
un stimulus (geste, vision…) à un état
positif. En situation de stress, retrouver ce geste ou cette vision
agréable permet de se rassurer et de multiplier ses propres
ressources. Par exemple, se remémorer l’image
d’un beau voyage, prendre une grande inspiration en fermant
les yeux, reprendre contact avec soi en posant la main sur son
buste… Le tout est de choisir un « truc
» réalisable discrètement en toutes
circonstances. Cette méthode peut également
s’utiliser pour se calmer lors d’une situation
conflictuelle ou d’une négociation ardue.
Le cadrage d’objectif
Cette action consiste à positiver une difficulté
ou un obstacle en les transformant en un objectif. Une
méthode en six points clés :
- analyser la situation actuelle.
- analyser la situation souhaitée.
- s’assurer que l’on a bien une marge de
manoeuvre pour y parvenir.
- déterminer ses motivations.
- déterminer les éventuels
inconvénients à atteindre cet objectif et si
besoin redéfinir l’objectif.
- identifier précisément les ressources
nécessaires : prendre le temps de chercher des clients,
mieux gérer son stress, se conditionner dans un
état émotionnel positif…
Rendez-vous client : analyser et
s’adapter à son interlocuteur
Pour optimiser le moment crucial que constitue le rendez-vous avec le
client, la PNL propose trois techniques intéressantes.
La calibration
Cet outil correspond à la phase d’observation.
Pour s’adapter à son interlocuteur, il est
nécessaire de bien étudier son comportement :
gestes, attitudes, ton, vocabulaire... Mais attention à ne
pas juger votre client trop vite. Un froncement de sourcils peut
signifier plusieurs choses : il réfléchit, il ne
comprend pas, il n’est pas d’accord…
Donc inutile de se braquer s’il fronce les sourcils mais
continue à vous écouter avec attention : il ne
demande qu’à en savoir davantage. Les
interprétations sont à nuancer en fonction du
comportement global de chaque personne.
La synchronisation
Se synchroniser signifie s’adapter à
l’autre par des gestes et un langage qui soient en phase avec
lui. Cela permet de construire un climat favorable même si la
relation paraît tendue au départ. « On
fait de la PNL sans le savoir quand on est dans une relation sans
difficulté particulière. Par exemple, on a
naturellement tendance à se mettre à la
même hauteur qu’un enfant de trois ans pour lui
parler ou, encore, on ne rit pas aux éclats en accueillant
un ami qui a l’air triste. Mais quand le contact est plus
difficile, ces attitudes d’adaptation ne sont plus aussi
évidentes. La PNL permet d’être
conscient des attitudes qui mettent l’interlocuteur en
confiance et de les appliquer ensuite systématiquement.
», explique Diane Massonie. Il s’agit
d’adopter la même gestuelle, le même
registre de postures (être bien adossé
à son fauteuil ou droit comme un i…), le
même ton, le même débit de parole. Mais
évidemment sans le singer. Sinon, le résultat
sera l’inverse du but recherché car le client
pensera qu’on se moque de lui.
Le métamodèle ou la reformulation
Cette méthode sert à obtenir des informations
toujours plus précises sur les attentes et les
intérêts du client. Il est nécessaire
de recourir à la reformulation pour amener
l’interlocuteur à dire ce qu’il aime
dans la vie, l’art du vendeur consistant à rester
en contact avec la passion du client et le faire rêver. Deux
cas de figure :
- Le client est imprécis. La solution est de lui reposer une
question mais avec des mots différents. Et si possible en
utilisant le même registre de vocabulaire que lui par une
question ouverte qui va servir à relancer la conversation.
Autre possibilité : pratiquer le « comme si
». Un client ne veut pas nous dire quand aura lieu la
prochaine commande, on peut lui demander : « D'accord mais si
vous deviez néanmoins prévoir une date, ce serait
laquelle ? »
- Le client a tendance à généraliser.
S’il affirme « cela
n’intéresse personne », on peut lui
demander « est-ce vrai dans tous les contextes ? »
ou s’il dit « c’est mieux
qu’avant », il est important de lui faire
préciser « avant quoi ? » et «
en quoi ? ».