Les
thérapies brèves participent de ce
phénomène, voyant
leurs frontières se perméabiliser. Les clivages
originels se gomment peu à peu.
Bandler, créateur de la Programmation
neuro-linguistique intitule son
dernier livre Transe-formations,
référence à l’origine
ericksonienne de
la pratique. O’Hanlon avec Hypnose
orientée solutions
établit un pont entre hypnose
et thérapie
orientée solutions. Les théoriciens de
la thérapie stratégique, surnomment
leur approche « hypnose sans
hypnose » et ont
généré l’approche
systémique que nous connaissons
aujourd’hui. Tout se passe un peu comme si
ces thérapies d’influence ericksonienne,
après une période d’autonomisation,
faisait un retour au source pour s’intégrer dans
une démarche globale. Aux
frontières de cet univers, on trouve les thérapies
psycho-corporelles,
mais également les thérapies cognitives
et comportementales sortes de
cousines plus ou moins éloignées, car
alternatives ou bien institutionnelles.
Cette
pluralité, intégrée dans une
«meta pratique» apporte
une richesse d’intervention sans équivalent. Cet
ouvrage est là pour en
présenter les divers aspects.
J. Guyotat
définit ainsi la psychothérapie : «On
regroupe sous la dénomination de psychothérapie
l’ensemble des moyens
psychologiques qui peuvent être mis en œuvre dans
un but thérapeutique ».
Cette citation précise le cadre d’une
thérapie : elle ne constitue pas en
une théorie mais plutôt en la mise en place de
techniques de changement ou
d’évolution. Elle permet en d’autres
termes de se donner les moyens du bien-être.
Ce sont ces ressources résolument concrètes et
pratiques qui sont abordées ici.
Les
différentes cibles de la thérapie vont
témoigner de la
pluralité et du nécessaire statut
opérationnel de l’intervention
thérapeutique.
Ces territoires d’intervention en constante interaction, sont
au nombre de
5 :
1.
Système
(familial,
social)
2.
Cognitions
3.
Sensations
4.
Emotions
5.
Comportements
La thérapie
brève intégrative pourra intervenir de
multiples façons sur ces différents
territoires :
|
|
APPROCHES
|
|
|
HE
|
PNL
|
TOS
|
TS
|
TCC
|
TPC
|
|
C
I
B
L
E
S
|
1.
Système
|
|
|
x
|
x
|
|
|
|
2. Cognitions
|
|
x
|
|
|
x
|
|
|
3. Sensations
|
x
|
x
|
|
|
x
|
x
|
|
4. Emotions
|
x
|
x
|
|
|
|
x
|
|
5.
Comportements
|
|
|
x
|
x
|
x
|
|
HE = hypnose
ericksonienne
PNL =
programmation neuro-linguistique
TOS =
thérapie
orientée solutions
TS =
thérapie stratégique
TCC =
thérapie
comportementale et cognitive
TPC =
thérapies psycho-corporelles
Ces pages vous
présentent le cadre théorique et technique
d’une thérapie brève
intégrative, opérationnelle et
efficiente.

Voici quelques notions
préliminaires :
Intention positive
Le
concept d’intention positive est
fondamental. Cela peut peut-être surprendre au premier abord
lorsqu’il s’agit
de difficulté psychologique, mais il n’y a pas de
trouble qui n’ait une bonne
raison d’être. On boit pour oublier, on est
agressif pour se protéger…
Mis en
lumière entre autres par Erickson, le principe
d’intention
positive est énoncé ainsi par les
PNListes :
« Tout
comportement, à son origine, est orienté
vers l'adaptation et contient une intention
positive »
Il
s’agit là d’un
présupposé, sorte de profession de foi
qui va conditionner l’ensemble de la démarche
thérapeutique.
Le patient a
souvent entendu : « c’est mal de
boire », « tu n’as pas
honte de déprimer avec la vie que tu
as », « c’est ridicule
d’avoir peur des souris »,
« tu as
vu comme tu es gros »… Le principe
d’intention positive est un
élément fondateur qui garantit de ne pas tomber
dans ces poncifs et dans les
solutions qui correspondent, déjà
essayées mais inefficaces (voire accentuant
le problème). Ce présupposé constitue
un recadrage thérapeutique en lui-même,
ouvrant le champ du dialogue et du changement ou de
l’évolution, pour le
patient comme pour le thérapeute.
Alors pourquoi
une intention positive conduit-elle à un
trouble ? La raison peut en être par exemple un
appauvrissement des
ressources. Le trouble est en fait un moindre mal, la moins pire des
solutions
à disposition : plutôt que de se
suicider, on boit (l’intention positive
est d’échapper au suicide).
L’explication peut résulter également
d’une forme
de conditionnement anachronique. La solution mise en place a
été bonne à un
moment donné de la vie du sujet, elle s’est
installée, développée et perdure
bien que devenue inadaptée au bien-être :
une petite fille voit sa maman
partir pour quelques jours. Elle est triste. Pour la consoler, la maman
lui
donne des bonbons. Une fois seule, l’enfant grignote un des
bonbons et s’en
trouve réconfortée. 20 ans plus tard,
l’enfant devenue adulte, évolue dans un cadre
de référence, un contexte complètement
différents. Régulièrement,
lorsqu’elle
se sent seule elle fait de l’hyperphagie, mange de
manière compulsive et
irrationnelle (l’intention positive, se
réconforter avec une sucrerie, est
toujours présente).
Les
motivations internes d’une personne peuvent être
décalées, obscures, irrationnelles…
Mais les respecter, entendre les intentions
permet de mettre en place une recherche de solutions
adaptées.
Alors, peu importe que le
présupposé de l’intention
positive soit vrai. Tout juste est-il nécessaire
qu’il soit vraisemblable. Ce
regard nouveau sur la difficulté permet de recadrer
l’attitude qui lui est
portée, par le thérapeute, le client ou son
entourage. L’intention positive
suscite le respect et l’attention. Des hypothèses
sur l’utilité du symptôme
sont formulées, des aspects ou enjeux nouveaux apparaissent.
Et ainsi la
perspective de nouvelles solutions.
Accéder à la partie
L’être
humain est comme une boule aux multiples facettes.
Chaque facette représente une partie
de lui et participe à
l’ensemble, en relation avec les autres parties. Ces parties
sont des processus
psychiques plus ou moins indépendants qui ont leur propre
intention, moyens
d’action et objectifs.
Ainsi par
exemple, un cadre dynamique qui n’arrive pas à
concilier travail et famille vit un conflit : conflit entre la
partie qui
tend vers la réussite personnelle et une autre partie qui
désire l’épanouissement
de la vie personnelle. Ce sont là deux intentions positives,
qui viennent
s’entrechoquer pour créer un conflit. Si on met
à jour ces deux parties et
qu’on leur reconnaît à toutes deux une
intention positive, on va assez aisément
leur trouver un objectif commun : être bien,
réussir sa vie… On peut alors
établir une collaboration pour une recherche de solutions,
voire une réunion,
qui mettent fin au conflit et rendent possible
l’évolution du sujet dans sa
complète intégrité (professionnelle et
personnelle).
L’intention
positive constitue une occasion de
rendre accessible des parties du sujet qui ordinairement ne le sont
pas. Les
proches demandent souvent à la personne souffrant de
boulimie :
« mais pourquoi tu fais ça ?
C’est
écœurant ! »
Réprimée,
la partie se tait. Pour nouer le dialogue, il est nécessaire
de la légitimer,
voire de lui rendre hommage. Si la partie est acceptée,
intégrée, alors un
dialogue est possible.
C’est
en cela qu’on peut notamment observer
l’échec de
thérapies comportementales à moyen et long terme,
approches pourtant
enthousiasmantes au premier abord : désensibiliser
un patient à une peur,
c’est réprimer l’intention adaptative et
interne de cette peur. Si la raison
est profonde et justifiée, l’écologie
de la personne est mise à mal et le
mieux-être, si il y a, n’est que parcellaire et
insatisfaisant. En cela, le
principe d’intention positive garantit la mise en place de
changements et
évolutions respectant l’écologie de la
personne.

Adaptation et système
Dans le
présupposé énoncé plus
haut, il est question d’adaptation.
Toute manifestation humaine, symptôme y compris est une réponse
d’adaptation.
Toutes nos réactions, comportements… ont pour but
de satisfaire aux exigences
du réel qui nous entoure. Si par exemple, je me trouve les
cheveux trop long,
je mets en place la solution « aller chez le
coiffeur » pour que mes
cheveux retrouvent une longueur correspondant à mes
attentes. Ces critères qui
se veulent personnels, dépendent en fait de mon
éducation, mes goûts,
l’influence familiale, sociale… On
définit cet ensemble d’inter-relation
par le terme de système (système
familial, culturel…).
Toute
réaction adaptative est mise en place pour garantir
l’équilibre et
l’intégrité d’un
système. Si je ne vais pas chez le coiffeur on
va me le faire remarquer, je ne vais pas me sentir bien, ma femme va me
regarder de travers, je n’aurai plus le look qui correspond
à ma fonction, je
ne ferai plus travailler le coiffeur... Bref, le système
sera perverti, mis en
danger. En mettant en place un certain type de comportement adaptatif
(en me
faisant couper les cheveux), je rétablis
l’équilibre.
L’idée
de système dans l’approche psychologique fait
intervenir la complexité : dans les
années 40, L. von Bertalanffy,
biologiste américain a remis en cause la logique
cartésienne en établissant la
théorie des systèmes. Cette approche a
été adaptée à la
psychologie par Bateson
et Watzlawick aux USA, à palo Alto. Au contact
également d’Erickson, ils
vont travailler sur les psychopathologies et en avoir une lecture au
niveau des
systèmes familiaux.
Un
système est donc un ensemble de personnes en
interaction. Ici, 1+1=3 (A+B = A + B + interaction entre A et
B).
A partir de
ces divers aspects systémiques du symptôme en
tant qu’adaptation et de recherche
d’équilibre, il convient de se demander
pourquoi une difficulté psychologique apparaît
mais aussi et surtout comment le
système la maintient ? Qu’est-ce qui dans
A, B et leur interaction
entretient le problème ? On n’est plus
dans une structure cause-effet,
rassurante mais basique, mais dans un processus circulaire, une
boucle :
un système s’auto-régule, afin de
trouver un point d’équilibre. Le
fonctionnement est cybernétique : quand de
nouvelles données surviennent,
le système reçoit
des informations (feed
back) et s’adapte pour trouver un autre point
d’équilibre. Le rôle du
thérapeute ici est d’établir une phase
de déséquilibre momentané en apportant
de nouvelles informations pour que le système trouve un
autre point d’équilibre,
plus adapté au bien-être.
Dans le cadre
de l’anorexie par exemple, on observe de
jeunes filles qui réussissent le tour de force de garantir
un certain équilibre
avec un comportement alimentaire : l’anorexie se
développant, les parents
ne parlent plus de divorce, la maman n’a plus peur de voir
grandir sa petite
fille (qui pousse le détail jusqu’à
l’aménorrhée), le papa est
réinvesti… Si
d’aventure la jeune fille reprend quelques kilos, les parents
recommencent à se
disputer, la maman voit sa fille s’autonomiser et se perd, le
papa est de
nouveau absent ou effacé… Bref, les
symptômes entretiennent l’écologie du
système familial et la disparition du symptôme le
met en péril (c’est là une
des raisons de la
« résistance » décrite dans de
nombreux ouvrages
de psychiatrie, résistance qui n’en
est plus une, puisqu’il s’agit
d’intégrité et de survie, là
aussi intention
positive).
On peut dire
alors que la personne en souffrance
psychologique porte en elle le symptôme nécessaire
au système auquel elle
appartient.
Dans le cadre de notre
exemple, si on envoie les parents
en week-end, si on encourage la maman à exister autrement
qu’en tant que mère
et si on rappelle au papa la loi des 35 heures, le système,
ses personnes et
leur interaction changent : un autre point
d’équilibre est trouvé dans
lequel le symptôme n’est plus nécessaire.

Surface et profondeur
Le
concept d’intention positive est également
important à
un autre niveau de l’intervention thérapeutique.
Considérer une motivation
profonde positive d’une part et un symptôme,
manifestation négative, d’autre
part permet de séparer le comportement dysfonctionnel du
sujet, de distancier
le comportement de son intériorité.
Le sujet
n’est plus celui qui boit, mais celui qui essaie
de s’adapter du mieux qu’il peut, en utilisant le
comportement « boire de
l’alcool ». Les nominalisations du type,
« le parano »,
« l’alcoolique » …
réduisent la personne à son symptôme et
rendent plus ardu le changement.
Un des composants de
nombreux troubles psychologiques
concerne notamment l’envahissement identitaire par le
comportement. La
distanciation est déjà un outil
thérapeutique en soi : un individu n’est
pas un comportement, il le génère, et peut donc
en changer.
Carte du monde et solutions
Le
trouble psychologique part donc d’une bonne intention, le
symptôme venant établir un équilibre du
système. Mais alors, pourquoi mettre en
place de telles solutions ? L’être humain
fait comme il peut avec ce qu’il
a sous la main. Le problème de la mise en place
d’un trouble se trouve dans la
pauvreté des solutions mises à disposition (si le
fumeur a en lui d’autres
moyens de se calmer et de ne pas taper sur son collègue plus
adaptés au
bien-être, il les utilisera bien volontiers).
Le sujet va
puiser ses solutions dans sa carte du réel, ou
représentation du monde : chacun construit sa carte
de la réalité.
Celle-ci détermine le sens attribué au
vécu, ainsi que le panel de choix et
solutions possibles. Cette notion de carte est issue de la
sémantique générale
et d’Alfred Korzybsky, son fondateur, qui écrit
(1)
:
« La
carte n’est pas le territoire qu’elle
représente »
Cette citation
traduit bien la faculté particulière de
chaque être humain de construire une
représentation personnelle différente
d’une réalité pourtant identique. Si
cette carte est pauvre en représentations,
le sujet ne va pas pouvoir y puiser de nombreuses solutions. Si un
individu
présente dans sa représentation du monde la
croyance « il faut fuir le
danger », il va mettre en place la
« solution-fuite » à
la
« situation-danger ». La
personnalité évitante ou phobique sera une
réponse d’adaptation,
d’équilibre, correspondant à sa carte
du réel.
Einstein a
écrit : On ne peut pas
résoudre un
problème avec le même type de pensée
que celui qui l'a créé. La mise en
place de solutions adaptées au bien-être passe
donc par une modification de la
carte du monde du sujet. Le techniques thérapeutiques ont
entre autres cette
vocation : permettre au sujet d’élargir
le panel de ces choix, de
construire d’autres « meilleures
solutions », qui garantissent un
nouvel équilibre sans la nécessité du
symptôme.

Problèmes et solution
On
peut à la lumière des paragraphes
précédents dégager un
point de vue sur la difficulté psychologique qui a le
mérite d’être simplissime
dans son principe : des solutions qui deviennent des
problèmes.
- La
première gestation est de
l’ordre du jugement :
pour s’adapter, la personne met en place une solution (par
exemple, manger plus
que de raison). Elle (ou son entourage) décide à
un moment qu’il s’agit d’un
problème. Cette étape est importante, car par
définition, c’est en décidant que
quelque chose est un problème que ça en devient
un (de nombreuses personnes, à
un moment ou à un autre de leur vie ont mangé
plus que de raison sans décider
qu’il s’agisse d’un problème).
- La
deuxième gestation est de
l’ordre de la prise de
décision : à partir du
moment ou on a déterminé qu’on avait un
problème,
il est tout à fait légitime de vouloir mettre en
place des solutions. Le
trouble va ici se révéler lorsque les solutions
mises en place complexifient le
problème (par exemple se retenir de manger pour ensuite
sombrer dans des
compulsions alimentaires plus importantes). Les solutions au
problème
deviennent elles-mêmes un problème.
On voit ici
que l’intention est bonne, mais qu’il y a un
brouillage des intentions et effets obtenus. On peut alors se demander
si une
thérapie pertinente doit se concentrer sur la
résolution du problème ou sur la
mise en place de solutions.
A
première vue, le champ des thérapie
brève peut sembler
scindé en deux. D’un côté les
thérapies qui se penchent et agissent sur le
problème, de l’autre celles qui se penchent sur la
solution.
L’ « orientation
problème » présente un long
historique, puisque
qu’il correspond à peu de chose près
à celui de la médecine. La thérapie
traditionnelle a besoin d’émettre un diagnostique,
pour déterminer ce qui ne va
pas et pouvoir s’attaquer au problème (soigner)
afin que le patient en soit
libéré (guérir).
Les
thérapies brèves
« orientées
problème » ne
s’inscrivent pas dans cette logique. A l’image par
exemple de la thérapie
stratégique, elles s’intéressent, non
pas au problème, mais à sa structure
afin… de trouver une solution.
La
démarche en thérapie stratégique est
décrite ainsi par
Fish et Piercy (2) :
«… fondée
sur
l’hypothèse théorique que le
comportement, qui se manifeste comme partie d’une
séquence en cours
d’événements interactionnels
récursifs, ne peut être compris
que dans son contexte. Les symptômes sont
enchâssés dans les séquences de
l’interaction, et sont développés et
entretenus par des solutions inefficaces. Les
symptômes ne sont pas problématiques par
nature mais plutôt, sont
construits de cette manière, en fonction de la
réalité créée par la
famille. La
thérapie vise à changer cette
réalité. »
Ainsi
même quand les thérapies brèves
s’intéressent au
problème, c’est en réalité
au processus qui mène à la difficulté
qu’elles
s’intéressent plus qu’au
problème lui-même. Erickson disait que le
symptôme est
comme un manche de casserole : cela permet de prendre la
casserole pour
goûter ce qu’il y a dedans. Tout juste peut-on donc
reconnaître au symptôme une
forme utilitaire (qu’Erickson saura d’ailleurs bien
négocier).
Les deux
orientations n’apparaissent donc pas comme
antagonistes mais plutôt comme complémentaires, le
principe pouvant être autant
de remettre en cause une structure à travers ses
dysfonctionnements que de lui
proposer un fonctionnement adapté.

Changement, ressources et interférences
Le
changement ou l’évolution de la carte de la
réalité
constitue donc une étape nécessaire et utile de
la remise en cause d’un trouble
psychologique. La base d’un changement ou d’une
évolution est relativement
élémentaire (3) :

La
motivation thérapeutique est ainsi : un individu
n'est pas
satisfait par son état présent, plus ou moins
adapté au bien-être. Il désire
donc être autrement, évoluer ou changer.
Pour cela il a des ressources,
mais il n'y a que peu ou pas accès, car des interférences
sont
installées entre l'individu et ses ressources.
Les
obstacles peuvent être multiples :
1)
La personne ne sait pas comment créer une
représentation du
changement ou comment se comporter après le changement.
Bref, elle n'a pas le
mode d'emploi.
2)
La personne ne se donne pas la possibilité de changer. Elle
a
les moyens, mais ne se les donne pas, faute de temps par exemple,
pensant qu'un
changement est long et laborieux...ou à l'inverse (qui
revient au même, car
dépendant de la même croyance), pensant qu'un
changement rapide n'est pas un
"vrai" changement.
3)
Une partie de la personne ne veut pas
changer, consciemment ou non,immobilisme du à
l’intention positive systémique,
ou bien aux bénéfices secondaires que
génèrent la difficulté..
Le
processus de changement va donc consister à
préciser l'objectif et à développer
et/ou générer les ressources
nécessaires pour l'atteindre. Il sera également
nécessaire de traiter les interférences. Cette
démarche s’inscrit à
différents
niveaux, conscient mais aussi inconscient.

L'inconscient
è Domaines de
compétences de l’inconscient
La condition
du changement est donc l’accès à des
ressources. La difficulté du changement psychologique
réside dans la nature
inconsciente de ces ressources. La thérapie en est une clef
d’accès.
En
évoquant le terme
d’ « inconscient »,
on
est loin ici des conceptions freudiennes, faisant de
l’inconscience une entité
obscure voire menaçante qui joue le plus souvent des tours
pendables.
Erickson a
introduit une vision bien différente et
opératrice de l’inconscient :
- Le
conscient, c’est la conscience du moi ici et
maintenant, c’est-à-dire les quelques choses que
vous êtes en train de faire,
les quelques choses auxquelles vous portez attention.
- L’inconscient,
c’est tout le reste, «ce qui n’est
pas encore conscient», conception ericksonienne
très large. 95% de notre fonctionnement
est inconscient. L’hypnose entre autres
thérapeutiques établit un pont vers
cette richesse intérieure.
L’hypnose
est un pont, un moment privilégié où
la partie
émergée de l’iceberg, consciente, fait
appel à la partie immergée,
inconsciente.
Plus
précisément, l’inconscient
présentera différentes
fonctions utiles :
1. Fonction de
connaissances :
l’inconscient est une gigantesque archive
d’apprentissages, de souvenirs, de connaissances...
C’est entre autre le siège des
expériences de vie, des croyances, des
stratégies internes qui vont générer
nos émotions et nos comportements (adaptés
ou pathologiques).
2. Fonction
biologiques :
l’inconscient fait fonctionner notre corps,
(équilibres naturels, régulations
physiologiques autonomes, système immunitaire,
…). Il n’y a pas ici de
dichotomie psycho-soma :
"L'esprit et le corps
représentent deux aspects d'un
seul et même système d'information : la vie"
(Rossi)
3. Fonction de
protection :
l’inconscient
est le siège de l’instinct de survie mais aussi de
l’intuition par exemple et
sait rendre conscient ce qui est nécessaire au sujet (prises
de conscience),
mettre de côté ce qui pose problème ou
est inutile (refoulement, oubli). Il est
orienté vers le bien-être et la survie.
è Changement et
inconscient
Un changement
de représentation de la réalité
s’établit à
un niveau inconscient avant d’être
conscientisé de manière plus ou moins
parcellaire. Il s’agit d’accéder
à des ressources jusque là inconnue et donc
inutilisées :
« Vous savez
beaucoup plus de choses que vous savez
que vous savez. » M.H. Erickson.
Ceci rejoint
le présupposé de la programmation
neuro-linguistique :
Chaque personne dispose
déjà de toutes les ressources dont
elle a besoin
Ces aspects introduisent la
nécessité de la variation de
l’état de conscience dans la relation
thérapeutique. L’état de
conscience
modifié constituera un moment de choix
d’accès aux informations et de travail
intérieur d’évolution ou de changement.
è
Caractéristiques de l'inconscient
Avant de
découvrir les modalités ou techniques de
communication avec l’inconscient, il convient de
définir les contours et
caractéristiques de cette richesse intérieure.
w
L’inconscient est hyper-compétent : il est
capable de traiter de
multiples informations de manière simultanée,
cela à une grande vitesse. Les
ressources thérapeutiques sont donc puissantes voire
illimitées.
w
L’inconscient est omniscient : il contient
et manie des informations sans que le
conscient en soit informé. Le travail
thérapeutique peut donc s’installer à
différents niveaux, au-delà des
capacités conscientes, de manière large et
approfondie.
w
L’inconscient est personnel : tout ce qui
concerne la vie du sujet est stocké,
archivé et constitue donc un matériau utile. En
mobilisant l’inconscient, on
sollicite l’entière
intériorité de la personne, dans toute sa
richesse
d’information et sa profondeur.
w
L’inconscient est autonome : il
possède ses propres modes de fonctionnements,
indépendants des limites de du conscient. Là
où le fonctionnement conscient est
bloqué ou inefficace, l’inconscient peut mettre en
place des processus qui lui
sont personnels.
w
L’inconscient est constamment présent : le conscient
connaît des périodes
de veille et de sommeil, l’inconscient a une
activité et donc une capacité
d’action permanente.
w
L’inconscient est créatif :
sollicité de manière adaptée, il
mobilise des ressources
diverses et variées et met en place des solutions
insoupçonnées, ignorées
consciemment.
w
L’inconscient est une gigantesque archive : tout
événement, connaissance,
expérience, consciemment connus ou non, sont
archivés et réutilisables.
L’inconscient est grand réservoir
d’information.
w
L’inconscient a un fonctionnement simple : il est
concret, littéral, ne
connaît pas l’abstraction, privilégie
les fonctionnements élémentaires (survie,
facilité…). La communication doit donc
s’adapter à ces caractéristiques avec
un
langage et des techniques pertinentes.
w
L’inconscient fonctionne par images : le mode de
communication
préférentiel se construira donc sur des images,
symboles et métaphores.
On le voit, la
communication avec l’inconscient et la mobilisation de ses
nombreuses
ressources ouvrent considérablement le champ de la
démarche de changement ou
d’évolution recherchée en
thérapie.

Communication et niveaux
è On ne peut
pas ne pas communiquer (4) : on dit
également : « Tout est
communication ». Quelque soit son rapport
au monde, l’être humain reçoit et envoie
des messages, interagit avec le
système dans lequel il évolue. Même
l’absence de communication est une information
relationnelle.
La communication est donc
inévitable et à différents
niveaux : verbal et non-verbal, conscient et inconscient,
personnel et
systémique (système familial, culturel,
social…). L’intégration de ce
présupposé permet de nourrir le
développement d’une relation
thérapeutique elle
aussi multi-niveaux et d’une polyvalence
thérapeutique qui viennent répondre à
cette pluralité proposée par le client.
Congruence
è La Congruence
Le terme de congruence
est issu de la démarche de
Carl Rogers (5),
approche centrée sur la personne (ACP) qui met l'accent sur
la qualité de la
relation entre le thérapeute et son client
(écoute empathique, authenticité,
non-jugement…).
La congruence, c’est la correspondance entre ce qui est
pensé, consciemment
vécu et ce qui est exprimé, verbalement mais
aussi non-verbalement. En
conséquence, si il y a un écart entre ce qui est
perçu et ce qui est exprimé,
il y aura incongruence, relevée par
l’interlocuteur et venant nuire au
message transmis en le brouillant ou le pervertissant. Toute
communication,
pour être efficace doit être congruente. Il
convient donc d’étudier en détail
les différents éléments de la
communication, verbaux et non verbaux et de
perfectionner ces outils afin d’établir une
relation thérapeutique la plus
satisfaisante et efficace possible.
Positions et
changement
Le
modèle de l’école de Palo Alto
définit la
communication comme un rapport entre des comportements
contrastés qui
s’ajustent les uns en fonction des autres, sortes de vases
communiquants, pour
obtenir un équilibre (homéostasie).
è Différents
systèmes peuvent
s’établir :
-
Modèle symétrique : la relation est
égalitaire
(rapport en miroir), comme dans le cas d’un couple
d’amoureux oude deux
spécialistes d’un domaine donné.
-
Modèle complémentaire : la relation
comporte une
position basse et une position haute qui se complètent et
s’auto-alimentent.
C’est le cas du processus thérapeutique.
è Positions
-
La position haute
est une
situation
d’autorité : elle détient le
savoir et dirige l’interaction en étant
active. C’est par exemple celle du médecin
qu’on va voir pour être soigné.
-
La position basse
est
à l’opposé la situation
d’infériorité : elle ne
connaît pas les solutions et subit l’interaction
en étant passive. C’est par exemple la position du
malade qui s’en remet à la
science.
Nous
l’avons vu, chaque individu possède en lui les ressources de son
changement ou de son
évolution. Les solutions sont dans le client. Il importe
donc dans
l’interaction thérapeutique qu’il soit
placé en situation haute, afin d’être
actif et de mobiliser ses ressources, seul gage d’une
évolution adaptée à son
identité.
è Quelques risques de la
position haute pour le
thérapeute :
-
Il néglige la recherche d’informations
-
Il a l’illusion de contrôler la situation
-
Il désinvestit le client de sa fonction agissante dans
la résolution de problème.
-
Il rend le client dépendant de ses savoirs et
compétences
-
Il oublie que le thérapeute soigne mais que c’est
le
patient qu guérit
-
Il court le risque d’être pris en défaut
en cas
d’insuffisance (théorique ou pratique).
“Plus
vite
le singe monte à l’arbre, plus vite il montre ses
fesses”
è Placer le client en position
haute permet
d’éviter nombre
d’écueils :
-
Le client n’attend pas de solutions externes et va se
tourner naturellement vers ses ressources.
-
Les solutions mises en place sont celles du patient, non
du thérapeute
-
Le client est sur le chemin de l’évolution
personnelle
et de l’autonomie
-
Les solutions mises en place seront écologiques, donc
stables et durables, car adaptées à la carte du
client.
è La relation
thérapeutique est ici
dichotomique :
-
Position
haute
« officieuse » du
thérapeute
dans le choix du cadre relationnel complémentaire et des
positions de chacun.
-
Position
basse
stratégique et
« officielle »
du thérapeute dans le contenu lui-même de
l’interaction.
(1) Aspect
of theory of syntax, 1965
Article en cours de
rédaction
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