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THERAPIE BREVE

>>> Introduction
>>> Intention positive
>>> Accéder à la partie
>>> Adaptation et système
>>> Surface et profondeur
>>> Carte du monde et solutions
>>> Problèmes et solutions
>>> Changement, ressources et interférences
>>> L'inconscient
>>> Communication et niiveaux
>>> Congruence
>>> Positions et changement

Introduction

Il existe aujourd’hui plusieurs centaines de psychothérapies différentes. Des pratiques sont réservées à certains professionnels, d’autres sont ouvertes à qui désire s’y former. Cette pluralité est une richesse. Elle permet  chez le thérapeute disponible aux multiples découvertes et expériences l’émergence d’une pratique nommée approche intégrative : des techniques diverses et variées, d’origines multiples, réunies dans une approche globale et cohérente, sorte de « meta thérapie ».

Diplômés ou en cours de formation à l'INCTB, vous devenez automatiquement membres de l'institut et vous pouvez accéder à la zone membres et ses nombreuses ressources :  
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w Forum de discussion avec les pairs (échanges) et les formateurs (questions, coaching et supervision...).


Les thérapies brèves participent de ce phénomène, voyant leurs frontières se perméabiliser. Les clivages originels se gomment peu à peu. Bandler, créateur de la Programmation neuro-linguistique intitule son dernier livre Transe-formations, référence à l’origine ericksonienne de la pratique. O’Hanlon avec Hypnose orientée solutions  établit un pont entre hypnose et thérapie orientée solutions. Les théoriciens de la thérapie stratégique, surnomment leur approche « hypnose sans hypnose » et ont généré l’approche systémique que nous connaissons aujourd’hui. Tout se passe un peu comme si ces thérapies d’influence ericksonienne, après une période d’autonomisation, faisait un retour au source pour s’intégrer dans une démarche globale. Aux frontières de cet univers, on trouve les thérapies psycho-corporelles, mais également les thérapies cognitives et comportementales sortes de cousines plus ou moins éloignées, car alternatives ou bien institutionnelles.

Cette pluralité, intégrée dans une «meta pratique» apporte une richesse d’intervention sans équivalent. Cet ouvrage est là pour en présenter les divers aspects.

J. Guyotat définit ainsi la psychothérapie : «On regroupe sous la dénomination de psychothérapie l’ensemble des moyens psychologiques qui peuvent être mis en œuvre dans un but thérapeutique ». Cette citation précise le cadre d’une thérapie : elle ne constitue pas en une théorie mais plutôt en la mise en place de techniques de changement ou d’évolution. Elle permet en d’autres termes de se donner les moyens du bien-être. Ce sont ces ressources résolument concrètes et pratiques qui sont abordées ici.

Les différentes cibles de la thérapie vont témoigner de la pluralité et du nécessaire statut opérationnel de l’intervention thérapeutique. Ces territoires d’intervention en constante interaction, sont au nombre de 5 :

1.      Système (familial, social)

2.      Cognitions

3.      Sensations

4.      Emotions

5.      Comportements

 

La thérapie brève intégrative pourra intervenir de multiples façons sur ces différents territoires :

 

 

APPROCHES

 

HE

PNL

TOS

TS

TCC

TPC

C
I
B
L
E
S

1. Système

 

 

x

x

 

 

2. Cognitions

 

x

 

 

x

 

3. Sensations

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x

 

 

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x

4. Emotions

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x

 

 

 

x

5. Comportements

 

 

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x

 

 

HE = hypnose ericksonienne

PNL = programmation neuro-linguistique

TOS = thérapie orientée solutions

TS = thérapie stratégique

TCC = thérapie comportementale et cognitive

TPC = thérapies psycho-corporelles

 

Ces pages vous présentent le cadre théorique et technique d’une thérapie brève intégrative, opérationnelle et efficiente. 


Voici quelques notions préliminaires :

 Intention positive


Le concept d’intention positive est fondamental. Cela peut peut-être surprendre au premier abord lorsqu’il s’agit de difficulté psychologique, mais il n’y a pas de trouble qui n’ait une bonne raison d’être. On boit pour oublier, on est agressif pour se protéger…

Mis en lumière entre autres par Erickson, le principe d’intention positive est énoncé ainsi par les PNListes :

« Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation et contient une intention positive » 

Il s’agit là d’un présupposé, sorte de profession de foi qui va conditionner l’ensemble de la démarche thérapeutique.

Le patient a souvent entendu : « c’est mal de boire », « tu n’as pas honte de déprimer avec la vie que tu as », « c’est ridicule d’avoir peur des souris », « tu as vu comme tu es gros »… Le principe d’intention positive est un élément fondateur qui garantit de ne pas tomber dans ces poncifs et dans les solutions qui correspondent, déjà essayées mais inefficaces (voire accentuant le problème). Ce présupposé constitue un recadrage thérapeutique en lui-même, ouvrant le champ du dialogue et du changement ou de l’évolution, pour le patient comme pour le thérapeute.

Alors pourquoi une intention positive conduit-elle à un trouble ? La raison peut en être par exemple un appauvrissement des ressources. Le trouble est en fait un moindre mal, la moins pire des solutions à disposition : plutôt que de se suicider, on boit (l’intention positive est d’échapper au suicide). L’explication peut résulter également d’une forme de conditionnement anachronique. La solution mise en place a été bonne à un moment donné de la vie du sujet, elle s’est installée, développée et perdure bien que devenue inadaptée au bien-être : une petite fille voit sa maman partir pour quelques jours. Elle est triste. Pour la consoler, la maman lui donne des bonbons. Une fois seule, l’enfant grignote un des bonbons et s’en trouve réconfortée. 20 ans plus tard, l’enfant devenue adulte, évolue dans un cadre de référence, un contexte complètement différents. Régulièrement, lorsqu’elle se sent seule elle fait de l’hyperphagie, mange de manière compulsive et irrationnelle (l’intention positive, se réconforter avec une sucrerie, est toujours présente).

Les motivations internes d’une personne peuvent être décalées, obscures, irrationnelles… Mais les respecter, entendre les intentions permet de mettre en place une recherche de solutions adaptées. 

Alors, peu importe que le présupposé de l’intention positive soit vrai. Tout juste est-il nécessaire qu’il soit vraisemblable. Ce regard nouveau sur la difficulté permet de recadrer l’attitude qui lui est portée, par le thérapeute, le client ou son entourage. L’intention positive suscite le respect et l’attention. Des hypothèses sur l’utilité du symptôme sont formulées, des aspects ou enjeux nouveaux apparaissent. Et ainsi la perspective de nouvelles solutions.

 

Accéder à la partie



L’être humain est comme une boule aux multiples facettes. Chaque facette représente une partie de lui et participe à l’ensemble, en relation avec les autres parties. Ces parties sont des processus psychiques plus ou moins indépendants qui ont leur propre intention, moyens d’action et objectifs.

Ainsi par exemple, un cadre dynamique qui n’arrive pas à concilier travail et famille vit un conflit : conflit entre la partie qui tend vers la réussite personnelle et une autre partie qui désire l’épanouissement de la vie personnelle. Ce sont là deux intentions positives, qui viennent s’entrechoquer pour créer un conflit. Si on met à jour ces deux parties et qu’on leur reconnaît à toutes deux une intention positive, on va assez aisément leur trouver un objectif commun : être bien, réussir sa vie… On peut alors établir une collaboration pour une recherche de solutions, voire une réunion, qui mettent fin au conflit et rendent possible l’évolution du sujet dans sa complète intégrité (professionnelle et personnelle).  

L’intention positive constitue une occasion de rendre accessible des parties du sujet qui ordinairement ne le sont pas. Les proches demandent souvent à la personne souffrant de boulimie : « mais pourquoi tu fais ça ? C’est écœurant ! » Réprimée, la partie se tait. Pour nouer le dialogue, il est nécessaire de la légitimer, voire de lui rendre hommage. Si la partie est acceptée, intégrée, alors un dialogue est possible.

C’est en cela qu’on peut notamment observer l’échec de thérapies comportementales à moyen et long terme, approches pourtant enthousiasmantes au premier abord : désensibiliser un patient à une peur, c’est réprimer l’intention adaptative et interne de cette peur. Si la raison est profonde et justifiée, l’écologie de la personne est mise à mal et le mieux-être, si il y a, n’est que parcellaire et insatisfaisant. En cela, le principe d’intention positive garantit la mise en place de changements et évolutions respectant l’écologie de la personne.

Adaptation et système


Dans le présupposé énoncé plus haut, il est question d’adaptation. Toute manifestation humaine, symptôme y compris est une réponse d’adaptation. Toutes nos réactions, comportements… ont pour but de satisfaire aux exigences du réel qui nous entoure. Si par exemple, je me trouve les cheveux trop long, je mets en place la solution « aller chez le coiffeur » pour que mes cheveux retrouvent une longueur correspondant à mes attentes. Ces critères qui se veulent personnels, dépendent en fait de mon éducation, mes goûts, l’influence familiale, sociale… On définit cet ensemble d’inter-relation par le terme de système (système familial, culturel…).

Toute réaction adaptative est mise en place pour garantir l’équilibre et l’intégrité d’un système. Si je ne vais pas chez le coiffeur on va me le faire remarquer, je ne vais pas me sentir bien, ma femme va me regarder de travers, je n’aurai plus le look qui correspond à ma fonction, je ne ferai plus travailler le coiffeur... Bref, le système sera perverti, mis en danger. En mettant en place un certain type de comportement adaptatif (en me faisant couper les cheveux), je rétablis l’équilibre.

L’idée de système dans l’approche psychologique fait intervenir la complexité : dans les années 40, L. von Bertalanffy, biologiste américain a remis en cause la logique cartésienne en établissant la théorie des systèmes. Cette approche a été adaptée à la psychologie par Bateson et  Watzlawick aux USA, à palo Alto. Au contact également d’Erickson, ils vont travailler sur les psychopathologies et en avoir une lecture au niveau des systèmes familiaux.

Un système est donc un ensemble de personnes en interaction. Ici, 1+1=3 (A+B = A + B + interaction entre A et B).

A partir de ces divers aspects systémiques du symptôme en tant qu’adaptation et de recherche d’équilibre, il convient de se demander pourquoi une difficulté psychologique apparaît mais aussi et surtout comment le système la maintient ? Qu’est-ce qui dans A, B et leur interaction entretient le problème ? On n’est plus dans une structure cause-effet, rassurante mais basique, mais dans un processus circulaire, une boucle : un système s’auto-régule, afin de trouver un point d’équilibre. Le fonctionnement est cybernétique : quand de nouvelles données surviennent, le système reçoit  des informations (feed back) et s’adapte pour trouver un autre point d’équilibre. Le rôle du thérapeute ici est d’établir une phase de déséquilibre momentané en apportant de nouvelles informations pour que le système trouve un autre point d’équilibre, plus adapté au bien-être.

Dans le cadre de l’anorexie par exemple, on observe de jeunes filles qui réussissent le tour de force de garantir un certain équilibre avec un comportement alimentaire : l’anorexie se développant, les parents ne parlent plus de divorce, la maman n’a plus peur de voir grandir sa petite fille (qui pousse le détail jusqu’à l’aménorrhée), le papa est réinvesti… Si d’aventure la jeune fille reprend quelques kilos, les parents recommencent à se disputer, la maman voit sa fille s’autonomiser et se perd, le papa est de nouveau absent ou effacé… Bref, les symptômes entretiennent l’écologie du système familial et la disparition du symptôme le met en péril (c’est là une des raisons de la « résistance »  décrite dans de nombreux ouvrages de psychiatrie, résistance qui n’en est plus une, puisqu’il s’agit d’intégrité et de survie, là aussi intention positive).

On peut dire alors que la personne en souffrance psychologique porte en elle le symptôme nécessaire au système auquel elle appartient.

Dans le cadre de notre exemple, si on envoie les parents en week-end, si on encourage la maman à exister autrement qu’en tant que mère et si on rappelle au papa la loi des 35 heures, le système, ses personnes et leur interaction changent : un autre point d’équilibre est trouvé dans lequel le symptôme n’est plus nécessaire.

 

Surface et profondeur



Le concept d’intention positive est également important à un autre niveau de l’intervention thérapeutique. Considérer une motivation profonde positive d’une part et un symptôme, manifestation négative, d’autre part permet de séparer le comportement dysfonctionnel du sujet, de distancier le comportement de son intériorité.

Le sujet n’est plus celui qui boit, mais celui qui essaie de s’adapter du mieux qu’il peut, en utilisant le comportement « boire de l’alcool ». Les nominalisations du type, « le parano », « l’alcoolique » … réduisent la personne à son symptôme et rendent plus ardu le changement.

 Un des composants de nombreux troubles psychologiques concerne notamment l’envahissement identitaire par le comportement. La distanciation est déjà un outil thérapeutique en soi : un individu n’est pas un comportement, il le génère, et peut donc en changer.

 

 Carte du monde et solutions



Le trouble psychologique part donc d’une bonne intention, le symptôme venant établir un équilibre du système. Mais alors, pourquoi mettre en place de telles solutions ? L’être humain fait comme il peut avec ce qu’il a sous la main. Le problème de la mise en place d’un trouble se trouve dans la pauvreté des solutions mises à disposition (si le fumeur a en lui d’autres moyens de se calmer et de ne pas taper sur son collègue plus adaptés au bien-être, il les utilisera bien volontiers).

Le sujet va puiser ses solutions dans sa carte du réel, ou représentation du monde : chacun construit sa carte de la réalité. Celle-ci détermine le sens attribué au vécu, ainsi que le panel de choix et solutions possibles. Cette notion de carte est issue de la sémantique générale et d’Alfred Korzybsky, son fondateur, qui écrit (1) :

« La carte n’est pas le territoire qu’elle représente » 

Cette citation traduit bien la faculté particulière de chaque être humain de construire une représentation personnelle différente d’une réalité pourtant identique. Si cette carte est pauvre en représentations, le sujet ne va pas pouvoir y puiser de nombreuses solutions. Si un individu présente dans sa représentation du monde la croyance « il faut fuir le danger », il va mettre en place la « solution-fuite » à la « situation-danger ». La personnalité évitante ou phobique sera une réponse d’adaptation, d’équilibre, correspondant à sa carte du réel.

Einstein a écrit : On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celui qui l'a créé. La mise en place de solutions adaptées au bien-être passe donc par une modification de la carte du monde du sujet. Le techniques thérapeutiques ont entre autres cette vocation : permettre au sujet d’élargir le panel de ces choix, de construire d’autres « meilleures solutions », qui garantissent un nouvel équilibre sans la nécessité du symptôme.

 

Problèmes et solution


On peut à la lumière des paragraphes précédents dégager un point de vue sur la difficulté psychologique qui a le mérite d’être simplissime dans son principe : des solutions qui deviennent des problèmes.

- La première gestation est de l’ordre du jugement : pour s’adapter, la personne met en place une solution (par exemple, manger plus que de raison). Elle (ou son entourage) décide à un moment qu’il s’agit d’un problème. Cette étape est importante, car par définition, c’est en décidant que quelque chose est un problème que ça en devient un (de nombreuses personnes, à un moment ou à un autre de leur vie ont mangé plus que de raison sans décider qu’il s’agisse d’un problème).

- La deuxième gestation est de l’ordre de la prise de décision : à partir du moment ou on a déterminé qu’on avait un problème, il est tout à fait légitime de vouloir mettre en place des solutions. Le trouble va ici se révéler lorsque les solutions mises en place complexifient le problème (par exemple se retenir de manger pour ensuite sombrer dans des compulsions alimentaires plus importantes). Les solutions au problème deviennent elles-mêmes un problème.

On voit ici que l’intention est bonne, mais qu’il y a un brouillage des intentions et effets obtenus. On peut alors se demander si une thérapie pertinente doit se concentrer sur la résolution du problème ou sur la mise en place de solutions.

A première vue, le champ des thérapie brève peut sembler scindé en deux. D’un côté les thérapies qui se penchent et agissent sur le problème, de l’autre celles qui se penchent sur la solution. L’ « orientation problème » présente un long historique, puisque qu’il correspond à peu de chose près à celui de la médecine. La thérapie traditionnelle a besoin d’émettre un diagnostique, pour déterminer ce qui ne va pas et pouvoir s’attaquer au problème (soigner) afin que le patient en soit libéré (guérir).

Les thérapies brèves « orientées problème » ne s’inscrivent pas dans cette logique. A l’image par exemple de la thérapie stratégique, elles s’intéressent, non pas au problème, mais à sa structure afin… de trouver une solution.

La démarche en thérapie stratégique est décrite ainsi par Fish et Piercy (2) :

 «… fondée sur l’hypothèse théorique que le comportement, qui se manifeste comme partie d’une séquence en cours d’événements interactionnels récursifs, ne peut être compris que dans son contexte. Les symptômes sont enchâssés dans les séquences de l’interaction, et sont développés et entretenus par des solutions inefficaces. Les symptômes ne sont pas problématiques par nature mais plutôt, sont construits de cette manière, en fonction de la réalité créée par la famille. La thérapie vise à changer cette réalité. »

Ainsi même quand les thérapies brèves s’intéressent au problème, c’est en réalité au processus qui mène à la difficulté qu’elles s’intéressent plus qu’au problème lui-même. Erickson disait que le symptôme est comme un manche de casserole : cela permet de prendre la casserole pour goûter ce qu’il y a dedans. Tout juste peut-on donc reconnaître au symptôme une forme utilitaire (qu’Erickson saura d’ailleurs bien négocier).

Les deux orientations n’apparaissent donc pas comme antagonistes mais plutôt comme complémentaires, le principe pouvant être autant de remettre en cause une structure à travers ses dysfonctionnements que de lui proposer un fonctionnement adapté. 

 

 Changement, ressources et interférences



Le changement ou l’évolution de la carte de la réalité constitue donc une étape nécessaire et utile de la remise en cause d’un trouble psychologique. La base d’un changement ou d’une évolution est relativement élémentaire (3) :

 

La motivation thérapeutique est ainsi : un individu n'est pas satisfait par son état présent, plus ou moins adapté au bien-être. Il désire donc être autrement, évoluer ou  changer. Pour cela il a des ressources, mais il n'y a que peu ou pas accès, car des interférences sont installées entre l'individu et ses ressources. 

Les obstacles peuvent être multiples : 

1) La personne ne sait pas comment créer une représentation du changement ou comment se comporter après le changement. Bref, elle n'a pas le mode d'emploi. 

2) La personne ne se donne pas la possibilité de changer. Elle a les moyens, mais ne se les donne pas, faute de temps par exemple, pensant qu'un changement est long et laborieux...ou à l'inverse (qui revient au même, car dépendant de la même croyance), pensant qu'un changement rapide n'est pas un "vrai" changement. 

3) Une partie de la personne ne veut pas changer, consciemment ou non,immobilisme du à l’intention positive systémique, ou bien aux bénéfices secondaires que génèrent la difficulté..


Le processus de changement va donc consister à préciser l'objectif et à développer et/ou générer les ressources nécessaires pour l'atteindre. Il sera également nécessaire de traiter les interférences. Cette démarche s’inscrit à différents niveaux, conscient mais aussi inconscient.

 

L'inconscient


è Domaines de compétences de l’inconscient 

La condition du changement est donc l’accès à des ressources. La difficulté du changement psychologique réside dans la nature inconsciente de ces ressources. La thérapie en est une clef d’accès.

En évoquant le terme d’ « inconscient », on est loin ici des conceptions freudiennes, faisant de l’inconscience une entité obscure voire menaçante qui joue le plus souvent des tours pendables.

Erickson a introduit une vision bien différente et opératrice de l’inconscient : 

- Le conscient, c’est la conscience du moi ici et maintenant, c’est-à-dire les quelques choses que vous êtes en train de faire, les quelques choses auxquelles vous portez attention. 

- L’inconscient, c’est tout le reste, «ce qui n’est pas encore conscient», conception ericksonienne très large. 95% de notre fonctionnement est inconscient. L’hypnose entre autres thérapeutiques établit un pont vers cette richesse intérieure.

L’hypnose est un pont, un moment privilégié où la partie émergée de l’iceberg, consciente, fait appel à la partie immergée, inconsciente.

Plus précisément, l’inconscient présentera différentes fonctions utiles :

1. Fonction de connaissances : l’inconscient est une gigantesque archive d’apprentissages, de souvenirs, de connaissances... C’est entre autre le siège des expériences de vie, des croyances, des stratégies internes qui vont générer nos émotions et nos comportements (adaptés ou pathologiques).

2. Fonction biologiques : l’inconscient fait fonctionner notre corps, (équilibres naturels, régulations physiologiques autonomes, système immunitaire, …). Il n’y a pas ici de dichotomie psycho-soma :

"L'esprit et le corps représentent deux aspects d'un seul et même système d'information : la vie" (Rossi) 

3. Fonction de protection : l’inconscient est le siège de l’instinct de survie mais aussi de l’intuition par exemple et sait rendre conscient ce qui est nécessaire au sujet (prises de conscience), mettre de côté ce qui pose problème ou est inutile (refoulement, oubli). Il est orienté vers le bien-être et la survie.

 

è Changement et inconscient

Un changement de représentation de la réalité s’établit à un niveau inconscient avant d’être conscientisé de manière plus ou moins parcellaire. Il s’agit d’accéder à des ressources jusque là inconnue et donc inutilisées :

« Vous savez beaucoup plus de choses que vous savez que vous savez. » M.H. Erickson.

Ceci rejoint le présupposé de la programmation neuro-linguistique :

Chaque personne dispose déjà de toutes les ressources dont elle a besoin 

Ces aspects introduisent la nécessité de la variation de l’état de conscience dans la relation thérapeutique. L’état de conscience modifié constituera un moment de choix d’accès aux informations et de travail intérieur d’évolution ou de changement.

è Caractéristiques de l'inconscient

Avant de découvrir les modalités ou techniques de communication avec l’inconscient, il convient de définir les contours et caractéristiques de cette richesse intérieure.

w L’inconscient est hyper-compétent : il est capable de traiter de multiples informations de manière simultanée, cela à une grande vitesse. Les ressources thérapeutiques sont donc puissantes voire illimitées.

w L’inconscient est omniscient : il contient et manie des informations sans que le conscient en soit informé. Le travail thérapeutique peut donc s’installer à différents niveaux, au-delà des capacités conscientes, de manière large et approfondie.

w L’inconscient est personnel : tout ce qui concerne la vie du sujet est stocké, archivé et constitue donc un matériau utile. En mobilisant l’inconscient, on sollicite l’entière intériorité de la personne, dans toute sa richesse d’information et sa profondeur.

w L’inconscient est autonome : il possède ses propres modes de fonctionnements, indépendants des limites de du conscient. Là où le fonctionnement conscient est bloqué ou inefficace, l’inconscient peut mettre en place des processus qui lui sont personnels.

w L’inconscient est constamment présent : le conscient connaît des périodes de veille et de sommeil, l’inconscient a une activité et donc une capacité d’action permanente.

w L’inconscient est créatif : sollicité de manière adaptée, il mobilise des ressources diverses et variées et met en place des solutions insoupçonnées, ignorées consciemment.

w L’inconscient est une gigantesque archive : tout événement, connaissance, expérience, consciemment connus ou non, sont archivés et réutilisables. L’inconscient est grand réservoir d’information.

w L’inconscient a un fonctionnement simple : il est concret, littéral, ne connaît pas l’abstraction, privilégie les fonctionnements élémentaires (survie, facilité…). La communication doit donc s’adapter à ces caractéristiques avec un langage et des techniques pertinentes.

w L’inconscient fonctionne par images : le mode de communication préférentiel se construira donc sur des images, symboles et métaphores.

On le voit,  la communication avec l’inconscient et la mobilisation de ses nombreuses ressources ouvrent considérablement le champ de la démarche de changement ou d’évolution recherchée en thérapie.

 

Communication et niveaux


è On ne peut pas ne pas communiquer (4) : on dit également : « Tout est communication ». Quelque soit son rapport au monde, l’être humain reçoit et envoie des messages, interagit avec le système dans lequel il évolue. Même l’absence de communication est une information relationnelle.

La communication est donc inévitable et à différents niveaux : verbal et non-verbal, conscient et inconscient, personnel et systémique (système familial, culturel, social…). L’intégration de ce présupposé permet de nourrir le développement d’une relation thérapeutique elle aussi multi-niveaux et d’une polyvalence thérapeutique qui viennent répondre à cette pluralité proposée par le client.

 

Congruence


è La Congruence

Le terme de congruence est issu de la démarche de Carl Rogers (5), approche centrée sur la personne (ACP) qui met l'accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et son client (écoute empathique, authenticité, non-jugement…). La congruence, c’est la correspondance entre ce qui est pensé, consciemment vécu et ce qui est exprimé, verbalement mais aussi non-verbalement. En conséquence, si il y a un écart entre ce qui est perçu et ce qui est exprimé, il y aura incongruence, relevée par l’interlocuteur et venant nuire au message transmis en le brouillant ou le pervertissant. Toute communication, pour être efficace doit être congruente. Il convient donc d’étudier en détail les différents éléments de la communication, verbaux et non verbaux et de perfectionner ces outils afin d’établir une relation thérapeutique la plus satisfaisante et efficace possible.


Positions et changement



Le modèle de l’école de Palo Alto définit la communication comme un rapport entre des comportements contrastés qui s’ajustent les uns en fonction des autres, sortes de vases communiquants, pour obtenir un équilibre (homéostasie).
 
è  Différents systèmes peuvent s’établir :
 
- Modèle symétrique : la relation est égalitaire (rapport en miroir), comme dans le cas d’un couple d’amoureux oude deux spécialistes d’un domaine donné.
- Modèle complémentaire : la relation comporte une position basse et une position haute qui se complètent et s’auto-alimentent. C’est le cas du processus thérapeutique.
 
è Positions  
 
- La position haute est une situation d’autorité : elle détient le savoir et dirige l’interaction en étant active. C’est par exemple celle du médecin qu’on va voir pour être soigné.
 
- La position basse est à l’opposé la situation d’infériorité : elle ne connaît pas les solutions et subit l’interaction en étant passive. C’est par exemple la position du malade qui s’en remet à la science.
 
Nous l’avons vu, chaque individu possède en lui  les ressources de son changement ou de son évolution. Les solutions sont dans le client. Il importe donc dans l’interaction thérapeutique qu’il soit placé en situation haute, afin d’être actif et de mobiliser ses ressources, seul gage d’une évolution adaptée à son identité.
 
è  Quelques risques de la position haute pour le thérapeute :
 
- Il néglige la recherche d’informations
- Il a l’illusion de contrôler la situation  
- Il désinvestit le client de sa fonction agissante dans la résolution de problème.
- Il rend le client dépendant de ses savoirs et compétences
- Il oublie que le thérapeute soigne mais que c’est le patient qu guérit
- Il court le risque d’être pris en défaut en cas d’insuffisance (théorique ou pratique).
 
“Plus vite le singe monte à l’arbre, plus vite il montre ses fesses”
 
è  Placer le client en position haute permet d’éviter nombre d’écueils :
 
- Le client n’attend pas de solutions externes et va se tourner naturellement vers ses ressources.
- Les solutions mises en place sont celles du patient, non du thérapeute
- Le client est sur le chemin de l’évolution personnelle et de l’autonomie
- Les solutions mises en place seront écologiques, donc stables et durables, car adaptées à la carte du client.
 
 
è  La relation thérapeutique est ici dichotomique :
 
- Position haute « officieuse » du thérapeute dans le choix du cadre relationnel complémentaire et des positions de chacun.

- Position basse stratégique et « officielle » du thérapeute dans le contenu lui-même de l’interaction.
(1) Aspect of theory of syntax, 1965

(2) The theory and practice of structural and strategic therapies

(3) Croyance et santé / Dilts/ La méridienne

(4) Présupposé de programmation neuro-linguistique

(5) Le développement de la personne / Dunod


Article en cours de rédaction
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