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L’école
de Palo Alto doit son nom à la petite ville des Etats-Unis,
proche de San francisco où se sont réunis des
scientifiques d’origines diverses à paretir des
années 50.
Leurs recherches ont essentiellement consisté en
l’adaptation de la démarche
systémique au domaine des relations humaines. Cette approche a
généré de nouveaux points de
vue et outils, autant dans le domaine de la communication que dans
celui de la
méthodologie du changement et du processus
thérapeutique.
G. Bateson
installé à Palo Alto, anthropologue de formation,
découvre la systémique et la
cybernétique. Il décide alors d’adapter
ces
démarches scientifiques aux sciences sociales. Il est
progressivement rejoint
par John Weakland,
ingénieur chimiste et psychothérapeute, Jay Haley
étudiant
en communication et William
Fry, psychiatre. Plus tard se joindra à eux Don D.
Jackson, psychiatre qui orientera fortement
l’activité du groupe vers la
psychothérapie. A noter également
l’influence de M.H.Erickson
sur les
recherches et orientations du groupe.
La
systémique constitue un point de vue différent
porté sur
la réalité, une méthodologie
permettant d’aborder la complexité. Elle
synthétise, se porte sur les relations et
différents processus interactionnels.
Il s’agit de penser un ensemble complexe, d’un
point de vue structurel et
dynamique. Adapté à la psychologie, on ne pense
plus l’être humain en tant
qu’entité séparée de ce qui
l’entoure. On considère l’individu en
interaction.
Penser
l’individu en interaction, c’est
l’aborder en
relation avec son environnement, à travers des rapports
réciproques, des
actions et rétroactions où chaque comportement
vient répondre à un autre pour à
son tour en générer de nouveaux dans une
communication toujours en mouvement.
Cette cybernétique est à observer dans un
contexte donné.
Adapté
à la communication, au coaching ou à la
thérapie, le modèle
de Palo Alto va proposer des outils systémiques
et stratégiques
puissants d’évolution ou de changement, dans un
contexte ou tout est communication,
en agissant sur les interactions, c’est-à-dire sur
la structure agissante du
rapport de l’être humain avec lui-même,
les autres et le monde qui l’entoure.
Quelques
éléments et présupposés
Réalités
Le
sujet
construit « sa
réalité » et réagit
en
fonction de cette lecture personnelle. L’ école de
Palo alto, pionnière de l’approche
stratégique définit deux niveaux de
réalité :
- Réalité de
premier
ordre : il s’agit
de la réalité que nous percevons à
travers nos sens.
- Réalité de
deuxième ordre : il s’agit
de la signification que nous attribuons à ces perceptions.
Le processus thérapeutique va se pencher sur la
réalité de deuxième ordre,
c'est-à-dire le modèle du monde que la personne a
mis en place. De cette
représentation dépendront les comportements,
émotions, sensations...
Tout
comportement, adapté ou non au bien-être est alors
« le
produit d’une relation active entre nous-mêmes et
ce que nous vivons ».
Toute personne vivant des difficultés souffre de sa relation
au monde. Le
centre de l’attention est alors l’individu en
interaction. Une intervention est
alors nécessairement systémique.
.
On ne peut
pas ne pas communiquer
« Tout
parle
dans l'univers ; il n'est rien qui n'ait son
langage. »
Jean de La
Fontaine
Ce
présuposé est là pour exprimer qu'il
est impossible d’adopter un comportement qui
n’envoie
pas d’information, de manière consciente ou
inconsciente. Comme l’écrit P.
Watzlawick,
« il n’y a pas de
« non-comportement » ».
Même le mutisme
ou l’immobilisme constituent un message. Quand des individus
sont en
interaction, une communication se construit nécessairement
entre eux.
Ce point
de vue est novateur, car prenant en compte une communication
permanente,
prenant en compte les individus mais aussi leurs
interactions : chacun
organise, recadre, modifie et adapte son comportement en fonction des
informations retour qui parviennent. Chaque individu existe donc par
lui-même
mais également en fonction des relations qui se mettent en
place entre lui et
les autres. Il ne s’agit plus uniquement d’une
psychologie de la personne ou
d’un processus de psychologie sociale posant
l’unique relation comme objet,
mais d’une approche qui se penche sur les individus et leurs
interactions. Il y
a nécessairement un message, et chaque message est
à la fois un message et une
réponse à un autre message, cela
intentionnellement ou non. On rejoint en cela
les concepts de la cybernétique. En conséquence,
communiquer, c’est être conscient de que
l’autre produit sur soi mais aussi de
l’effet qu’on produit sur l’autre en
retour : tout est signe, dans une
boucle simultanée et ininterrompue.
On
pourrait reprendre ainsi ce présupposé :
Tout comportement en
interaction a valeur de message.

Communication
et positions
« On
peut toujours apprendre ce qu'on ne sait
pas, non ce qu'on croit savoir. »
Gustave
Thibon
Le modèle de l’école de Palo
Alto définit la communication comme un
rapport entre des comportements contrastés qui
s’ajustent les uns en fonction
des autres pour obtenir un équilibre
(homéostasie).
Symétrie
et complémentarité
Dans une
situation de
communication, différents systèmes
d’interaction peuvent s’établir,
décrits
pour la première fois par Bateson :
-
Modèle symétrique : la relation
est égalitaire (rapport en miroir),
comme dans le cas d’un couple d’amoureux ou de deux
spécialistes d’un domaine
donné. Il y a collaboration, ou alors, versant
négatif, « bras de
fer ». Les différences sont
minimisées au possible, l’effort est
placé sur
le fait de rester à égalité.
-
Modèle complémentaire : la relation
comporte une position basse et une
position haute qui se complètent et
s’auto-alimentent. Les deux personnes se
complètent, s’installent dans des comportements en
polarité. Les différences
sont maximisées, l’effort est placé sur
le fait de rester différent. Il peut
s’agir par exemple de dyades
« autoritaire-soummis »,
« exhibitioniste-voyeur »,
« protecteur-fragile »
etc…
Il est
à noter que dans
les deux cas, ce n’est pas nécesairement
l’un des éléments qui impose
à l’autre
sa position, mais bien deux positions qui se déterminent
l’une par rapport à
l’autre dans une boucle cybernétique. Les
comportements sont identiques ou
dissemblables mais dans les deux cas articulés
l’un par rapport à l’autre.
Complémentarité
et positions
Le type
d’interaction
complémentaire peut se définir par deux positions
bien distinctes :
position basse et position haute.
-
La position haute est une situation
d’autorité : elle détient le
savoir
et dirige l’interaction en étant active.
C’est par exemple celle du médecin
qu’on va voir pour être soigné.
- La position basse est à l’opposé la
situation d’infériorité : elle
ne
connaît pas les solutions et subit l’interaction en
étant passive. C’est par
exemple la position du malade qui s’en remet à la
science.
Des solutions qui deviennent des
problèmes
Selon
le modèle de palo Alto, on peut dégager
un point de vue sur la difficulté psychologique
qui a le mérite d’être simplissime dans
son principe : des solutions
qui deviennent des problèmes. Le
sujet met au point des relations de cause à effet,
élabore différentes
stratégies pour se sortir du problème
qu’il est en train de vivre. Il est
capital ici de considérer et prendre conscience que les
solutions mises en
place constitue la majorité du problème que la
personne est en train de vivre.
L’exemple du trouble obsessionnel compulsif peut
être ici pertinent : la
personne met en place des rituels qui, d’abord mis en place
pour se rassurer
deviennent l’élément central du
problème.
- La
première gestation est de l’ordre du jugement :
la personne vit une situation relativement courante (elle a par exemple
chaud
alors qu’elle se trouve dans un supermarché). Elle
(ou son entourage) décide à
un moment qu’il s’agit d’un
problème. Cette étape est importante, car par
définition, c’est en décidant que
quelque chose est un problème que ça en
devient un (de nombreuses personnes, à un moment ou
à un autre de leur vie ont
eu chaud dans un supermarché sans décider
qu’il s’agissait d’un
problème).
- La
deuxième gestation est de l’ordre de la prise
de
décision : à partir du moment
où on a déterminé qu’on
avait un
problème, il est tout à fait légitime
de vouloir mettre en place des solutions.
Le trouble va ici se révéler lorsque les
solutions mises en place complexifient
le problème (par exemple se précipiter vers la
sortie, ce qui donne encore plus
chaud etc...). Les solutions au problème deviennent
elles-mêmes un problème voire le
problème lui-même (ici l'évitement,
phénomène central de la phobie).
On voit ici
que l’intention est bonne, mais qu’il y a un
brouillage des intentions et effets obtenus : la
tentative de solution
fait partie du problème.
Attention
portée sur le processus
Autre
particularité de l’approche stratégique
(et plus
généralement des thérapie
brèves d’inspiration ericksonienne) : le
thérapeute s’intéresse au « comment »
plutôt
qu’au « pourquoi »
(central par exemple en psychanalyse). On
s’intéresse ici au processus menant
à
la problématique (le rapport à la
réalité et les tentatives de solutions mises
en œuvre), plutôt qu’au contenu (la
réalité elle-même).
Page
en cours de développement
La cérémonie du Naven
/ 1935
      Article externe sur la
thérapie stratégique - Cliquer ICI      
Article bientôt développé
Bibliographie
La réalité
de la réalité : Confusion,
désinformation,
communication / P. Watzlawick / Seuil
Le langage du changement
/ P.
Watzlawick / Seuil
Une logique de la communication
P. Watzlawick, J. Beavin
et D. Jackson / Seuil
L'invention de la
réalité / P. Watzlawick / Seuil
L'art du changement /
P. Watzlawick, G. Nardone /
L'esprit du temps
Sur l'interaction / P.
Watzlawick & J. Weakland /
Seuil
Changements : paradoxes et
thérapie / P. Watzlawick,
J. Weakland, R. Fisch / Seuil
Une logique de la communication
/ P. Watzlawick, J. H.
Beavin, D. Jackson / Seuil
Vers une écologie de
l’esprit tome I / G. Bateson / Seuil
Vers une écologie de
l’esprit tome II / G. Bateson / Seuil
La nature et la pensée
/ G. Bateson / Seuil
Communication et
société / G. Bateson – J.
Ruesch / Seuil
La nouvelle communication / Y. Winkin /
Seuil
L'école de Palo Alto
/ E. Marc – D. Picard / Retz
A la recherche de
l'école de Palo-Alto / J.J.
Wittezaele – T. Garcia / Seuil
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